Marée noire à Oman : un pétrolier échoué menace une réserve marine protégée, les autorités mobilisées pour contenir la catastrophe

Anna Caron · 15 août 2026 · 4 min read · 882 words

Le 6 juin, le pétrolier Caroline Bezengi subissait trois explosions au large d’Oman. Un mois plus tard, les fuites ont atteint les côtes. La marée noire menace aujourd’hui une réserve marine protégée de l’archipel d’al-Hallaniyat.

Rashid al-Balushi, biologiste marin omanais, observe depuis son embarcation la nappe sombre qui s’étend à perte de vue. « C’est un désastre pour les tortues et les coraux », confie-t-il à son équipe. Selon l’autorité environnementale, 390 kilomètres carrés seraient déjà contaminés.

Une marée noire à Oman qui s’étend sur 390 kilomètres carrés

La nappe de pétrole couvre désormais une surface équivalente à plus de cinq fois Paris intra-muros. Les images satellites montrent une tache noirâtre qui progresse vers les côtes. L’écosystème marin est en première ligne.

Une marée noire à Oman qui s'étend sur 390 kilomètres carrés en photo
Focus : marée noire Oman qui s'étend 390

L’archipel d’al-Hallaniyat abrite pourtant des récifs coralliens uniques et des sites de ponte pour les tortues vertes. La pollution marine touche directement ces zones fragiles. Les courant marins poussent les hydrocarbures vers le rivage, rendant la catastrophe environnementale inévitable.

Les chiffres clés de la contamination

Les autorités omanaises ont mis en place une surveillance aérienne. Des plongeurs ont été dépêchés sur place pour évaluer les dégâts. Un responsable du ministère des Transports a annoncé un plan de transfert de la cargaison vers un autre navire.

Un pétrolier échoué sous sanctions britanniques et soupçonné d’appartenir à la flotte fantôme russe

Le Caroline Bezengi est un vieux pétrolier battant pavillon de complaisance. Il transportait du pétrole russe, ce qui a attiré l’attention des enquêteurs. Moscou utiliserait cette flotte fantôme pour contourner les sanctions occidentales liées à la guerre en Ukraine.

La société de sécurité maritime Vanguard a rapporté les trois explosions d’origine inconnue. Elles ont provoqué des voies d’eau et immobilisé le navire. Depuis, le pétrole s’échappe lentement mais sûrement.

Une enquête de l’AFP avait déjà alerté sur une nappe de 600 kilomètres carrés début juillet. Des ONG comme Greenpeace et PAX avaient dénoncé l’imminence d’une urgence écologique régionale. Elles exigeaient une action rapide de la part du sultanat.

Autorités mobilisées pour sauver la réserve marine protégée d’Oman

Le gouvernement omanais a finalement réagi. Des barrages flottants ont été installés à l’entrée des criques. Des dispersants chimiques sont testés dans certaines zones, mais leur efficacité reste limitée par la houle.

Rashid al-Balushi participe aux opérations de sauvetage de la faune. Avec son équipe, il nettoie les plages et recueille les oiseaux mazoutés. « Chaque tortue sauvée compte », explique-t-il. Les autorités mobilisées tentent de protéger les zones les plus sensibles, comme les lagunes et les herbiers marins.

Les actions menées contre la pollution marine

Le transfert du pétrole est une opération délicate. Il nécessite des conditions météo favorables, rares pendant la mousson d’été. Les autorités affirment vouloir agir vite pour éviter une contamination irréversible des récifs coralliens.

La zone abrite des espèces endémiques comme le poisson-ange d’Arabie et le dugong. Une réserve marine protégée de cette importance ne se remet pas facilement d’une telle épreuve. Les scientifiques estiment que plusieurs décennies seront nécessaires pour restaurer l’équilibre.

La flotte fantôme russe, une menace récurrente pour les écosystèmes marins

Le Caroline Bezengi fait partie de ces navires vieillissants, mal assurés, qui transportent du pétrole russe en toute opacité. Les experts alertent depuis des années sur les risques de marée noire. Ce sinistre illustre tragiquement leurs avertissements.

L’ONG PAX a publié un rapport détaillant l’ampleur de cette flotte parallèle. Près de 600 pétroliers seraient concernés, dont beaucoup naviguent sans assurance valide. Ces bateaux présentent des risques élevés d’accidents, avec des conséquences dévastatrices pour les pays côtiers.

Pour Oman, la facture s’annonce lourde. Le tourisme et la pêche, piliers de l’économie régionale, sont directement affectés. La catastrophe environnementale pourrait durer des années. Les leçons de cette crise doivent être tirées rapidement par la communauté internationale.

La pression diplomatique s’accentue sur Moscou pour obliger les propriétaires de ces navires à respecter des normes de sécurité. Mais les progrès restent lents. En attendant, les eaux d’Oman subissent les conséquences d’une guerre énergétique qui les dépasse.

Le drame de l’archipel d’al-Hallaniyat rappelle que la protection de l’écosystème marin est une responsabilité partagée. Chaque État doit pouvoir surveiller les navires qui longent ses côtes et agir rapidement en cas d’accident.